Etre femme au foyer a toujours fait écho à de nombreuses controverses… être femmes au foyer était à une époque totalement évident mais aujourd’hui c’est devenu un phénomène dérangeant pour la plupart…intolérable pour d'autres… souvent pointées du doigts ou qualifiées de bonnes à rien les femmes au foyer revendiquent leur statut, celui de faire en sorte que la famille redevienne au centre des intérêts de chacun…

Nous avons interrogé un panel suffisamment important de femmes au foyer qui ont en moyenne deux enfants et ont entre 30 et 35.

A la question : «  pourquoi êtes vous devenues fafs » ?

58 % des FAFS interrogées on répondu par choix personnel,
14 % à la suite d’un congé maternité,
16 % pour d’autres raisons et
10% par obligation.

Celles qui ont fait le choix personnel de devenir FAF émettent souvent l’idée selon  laquelle financièrement travailler leur permettait juste de payer la crèche ou la nounou, d’autres insistent bien sur le fait que c’était un choix pour voir grandir leurs enfants sans en louper une miette !

Celles qui ont répondu par  obligation précisent qu’elles y ont été contraintes soit parce qu’elles ne trouvaient pas d’emploi ou alors avaient un emploi trop contraignant vis-à-vis des horaires (nuits etc.) soit  parce qu’elles n’avaient pas trouvé de place en crèche ou d’assistante maternelle de confiance.

Ces résultats montrent d’une part qu’en grande partie les FAFS ont choisit leur statut mais cela dénote aussi que certaines l’ont fait par obligation car les places en crèches ou les nounous ne sont pas assez nombreuses, c’est un problème récurent que l’on retrouve de plus en plus et qui ne devrait en soit ne pas exister alors que l’on encourage les français à renouveler la population ….

A la question souhaitez-vous reprendre le travail ?

35% des personnes interrogées ont répondu oui
17 % non
12 % je ne sais pas
34% ça dépendra des aléas de la vie

Les fafs qui ont répondu oui ont souvent donné ces différents points de vu :

A condition de retrouver une activité qui puissent correspondre à  la vie de famille (horaires, transport courts etc.), certaines le font uniquement par soucis financiers, d’autres par épanouissement personnel et certaines car elles ont subit un divorce et qu’il leur faut reprendre le chemin du travail par obligation.

Enfin la plupart des fafs interrogées assurent leurs arrières et sont bien conscientes que les aléas de la vie pourront les amener à reprendre le travail (divorce, décès, finances trop justes etc.…) mais pour celles-ci retravailler sera donc une obligation non décidée par avance et forcée par les évènements extérieurs et inattendus de la vie.

Nous constatons, au vu des témoignages, qu’après avoir passé quelques années à être fafs les femmes se retrouvent plus exigeantes face à un éventuel employeur, elles se refusent à avoir des heures de trajets, un travail stressant et des horaires qui pourraient perturber la vie de famille.
Très peu d’allusions au travail à mi temps mais plutôt à un travail aménagé pour l’équilibre de la famille.


Notons que 94% des fafs ont travaillé avant d'élever leurs enfants, elles ont par là même participé pendant un temps parfois long à la croissance de notre société, de plus le niveau moyen d'étude est de bac plus deux, ce qui révèle en effet que les femmes au foyer ont œuvré pour avoir les connaissances nécessaires pour pouvoir travailler au sein de la société d'une part et d'autre part pour avoir la possibilité d'indépendance de pensée.

A la question «  la dépendance financière vous pose t’elle un problème ?

55% ont répondu non et 44% oui.

Si certaines ont réussit à trouver un équilibre parfait avec leur époux d’autres ont encore du mal et se sentent dépendante de leur mari financièrement. Notre société actuelle mise tellement sur le « il faut travailler » que certaines finissent par se sentir coupable. Je ne pense pas que ce soucis de dépendance vienne du fait que leur époux le fasse ressentir mais simplement de ce que l’environnement extérieur tend à nous faire comprendre, et cela est tout à fait déplorable. Nous n'avons pas besoin de gagner de l’argent pour être reconnu par la société, d’ailleurs à ce sujet notons que 46% des femmes au foyer ont une activité à l’extérieur.

La plupart d'entre elles œuvrent pour des activités bénévoles prouvant ainsi leur désir d’avoir un regard sur la société et de continuer à participer à son bon fonctionnement prouvant ainsi leur envie de faire partie intégrante de la vie sociale.

55 % des fafs n’éprouvent pas le besoin d’avoir une activité extérieure et s’en trouvent très bien ainsi.
77% des fafs se sentent épanouie dans leur rôle de femme au foyer ce chiffre est d’ailleurs remarquablement éloquent et parle de lui-même …

Le statut de la femme au foyer a évolué au fils des années, il s'étoffe davantage et leur permet une certaine indépendance d'esprit, une possibilité de ne pas se sentir en dehors de la société.
En revanche 99% des femmes interrogées estiment que le statut de la faf n’est pas suffisamment reconnu, 85% d’entre elles seraient favorables à un salaire de la faf et 98% à l’obtention de points retraite

La femme au foyer apparait plus de nos jours comme un chef d'entreprise dirigent de main de maitre une famille tout entière, faisant preuve de l'autorité nécessaire envers ses enfants, gérant parfaitement l'organisation d'une maison tout entière, planifiant toutes les activités , gérant les dépenses du foyer.

Il nous paraissait nécessaire de pouvoir un jour évoquer cette aspect de leur rôle et stopper l'idée tant répandue selon laquelle la femme au foyer est oisive et fainéante ... il faut beaucoup de courage pour élever ses enfants et être là à chaque instant pour eux afin d'en faire des adultes responsables armés pour leur vie future.


Force est donc de constater que le statut de la femme au foyer mérite que l'on s'intéresse à lui.

Il est aisé d'imaginer une société ou tout le monde travaille mais il est plus difficile d'imaginer une société ou les femmes au foyer n'existeraient pas.

En effet il y a près de 3 millions de femmes au foyer en France, si elles travaillaient toutes où en serait notre taux de chômage actuel ? Si elles travaillaient toutes nous n'aurions certainement pas un taux de natalité aussi important et donc par extension nous n'aurions pas autant de relève pour assurer la génération future.

Nous pensons que fort de ce constat il serait judicieux un jour de se pencher sur cette richesse restée si longtemps dans l'ombre, cette richesse qui fait que ces nombreuses femmes qui travaillent dans l'ombre pour LA FAMILLE et pour sauvegarder cet esprit familial tellement riche et important aux yeux d'une société grandissante qui doit mettre en avant les tentatives de sauvegarde d'un noyau familial sécurisant face à ce constat d'éclatement des familles .
Ne doit-t-on pas valoriser cet esprit de solidarité familial si important pour les générations à venir ?
Ne doit-t-on pas permettre à ces femmes qui ont toutes offert leur savoir faire à la société avant de choisir d'élever leurs enfants d'avoir la possibilité d'être reconnues aux yeux de tous ?

Cette communauté de femmes a rempli son devoir de mère, d'épouse et d'éducatrice, elles font grandir leur enfants dans le respects des règles si souvent déficientes, œuvrent pour en faire des adultes épanouis prêt à prendre la relève dans la société, elles ont rempli leurs devoirs envers la société et attendent que la société ait en retour un devoir de reconnaissance envers elle .

Elles ont fait le choix d'élever leurs enfants dans le respect de l'autre et dans l'idée selon laquelle ils ne devront pas sans cesse revendiquer leurs droits mais plutôt savoir et reconnaitre ou sont leurs devoirs envers les autres et la société.

Elever ses enfants n'est pas de l'oisiveté, être le pilier de la famille nécessite d'être chaque jour opérationnelle, disponible et efficace.

Merci à Cajoline d'avoir mené et décortiqué toutes les infos collectées sur plusieurs mois.