Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles. Oscar Wilde

Septembre 2010

C’est la rentrée littéraire et je ne peux m’empêcher de repenser à celle de 2009. Je faisais partie des primo- romanciers qui voyaient leurs efforts récompensés avec la parution d’un premier ouvrage leur permettant de descendre dans l’arène avec l’espoir fou d’émerger du lot pour donner une chance d’exister à leur « bébé ».

Comme beaucoup j’écris depuis l’enfance, noircissant les pages avec bonheur, plaisir presque disparu face aux impératifs quotidiens d’une épouse et maman dévouée. Les années passant je me suis investie dans ce rôle corps et âme, renonçant à une véritable carrière pour travailler à mi-temps  afin de favoriser l’épanouissement des miens.

 

Mes enfants ont grandi. À peine la trentaine et pourtant un sentiment de vide, de m’être « oubliée ». Que faire ? Aucune envie de me métamorphoser de nouveau en cadre dynamique absente de 8h00 à 20h00 au risque de compromettre l’équilibre familial  patiemment construit. Difficile d’apporter une réponse à mes interrogations, le comble pour une spécialiste du bilan de compétences et de la gestion de carrière.

Cependant, au fond de moi, une petite voix discrète essayait de se faire entendre. Le besoin d’écrire, impérieux, comportait désormais une nouvelle exigence : être lue, confronter mes textes au regard des autres, oser concrétiser mon rêve d’enfant au risque de le voir se briser. Une évidence s’imposait : je devais tenter l’aventure de l’édition. Clin d’œil du destin, mon mari, mon unique lecteur avec ma sœur, rentre un soir de l’été 2007 avec un édito annonçant un concours de nouvelles que je venais de repérer sur le net : « vas-y, fonce, pense à toi »  me dit-il très convaincant.

En découvrant que le prix était organisé par les éditions du Masque pour un genre bien particulier : le polar historique, j’étais enthousiaste. Enfin l’occasion de me plonger dans l’Histoire, mon autre passion, d’effectuer des recherches, de me cultiver de façon ludique afin de bâtir une énigme à suspense qui serait lue par les internautes puis par un jury de professionnels. Je l’avais sous les yeux mon baptême du feu. Ma nouvelle a été écrite en quelques jours et envoyée dans la foulée avec le soutien de mes proches et de plusieurs lectrices du forum.

Lauréate avec d’autres auteurs en herbe j’ai reçu en 2008 mon prix au salon du livre de Paris et suis parvenue à discuter avec l’éditrice du Masque qui me promit d’examiner le roman que j’étais en train de rédiger : l’héritier des  pagans.

paganQuelques mois plus tard j’arrivais à la poste mon colis sous le bras tel Jason brandissant la toison d’or, surveillant chaque geste de la guichetière qui manipulait sans égards mon précieux colis, attention bien inutile vu la dose impressionnante de papier bulle utilisée pour protéger mon manuscrit. Les semaines, les mois passèrent. L’attente anéantissait mes espoirs tandis que ma rage envers mon répondeur silencieux grandissait.

Ne cédant pas à la tentation de rallier le club des auteurs incompris haïssant la terre entière incapable de reconnaître leur génie, j’arrivais à me consoler grâce aux belles rencontres faites à l’occasion du concours, à ma satisfaction d’avoir mené  mon projet à terme, bien décidée à envisager de nouvelles possibilités. Et puis un jour le téléphone sonna et j’entendis la phrase magique : « il faut nous voir rapidement Anne-Laure pour signer votre contrat » à laquelle je répondis d’un sobre « bien sûr » en évitant de pousser des hurlements hystériques qui auraient pu effrayer mon interlocutrice.

 

Certes tout n’est pas rose dans le monde de l’édition : un inconnu dépourvu de réseau est quantité négligeable, personne ne vous attend, la concurrence est rude et les étals des libraires submergés, avec en arrière-fond la hantise du pilon, sinistre broyeur peuplant les cauchemars de l’écrivain en devenir qui finira de briser ses illusions en transformant, dans le meilleur des cas, ses invendus en carton à pizza.

Il faut le savoir : être édité ne change pas votre vie, cela la complique même parfois avec les inévitables jalousies et mesquineries de ceux qui sont incapables de se réjouir du succès des autres. Mais quel plaisir de participer à des festivals, des émissions, d’animer des cafés littéraires, de partager avec les lecteurs des instants si agréables et de recevoir leurs encouragements, leurs retours critiques, d’échanger autour de passions communes.

dupesMon second roman vient de sortir et j’attends avec impatience ces prochains moments si précieux et les futurs salons où je vais découvrir de nouveaux auteurs et leur univers, promesse de belles découvertes.

À ce propos si certaines sont intéressées voici les dates des manifestations où vous pourrez me trouver :

Samedi 13 novembre 2010 : salon du livre de Trouville

Week-end du 20/21 novembre : festival sang d’encre de Vienne

Samedi 27 novembre : salon du livre de Loos

Samedi 4 décembre : salon du polar de Montigny-les-Cormeilles

Nous avons tous et toutes au fond de nous des rêves, des aspirations et trop souvent on les néglige, particulièrement les femmes au foyer impliquées dans leur vie de famille se donnant sans compter au risque  de s’apercevoir qu’une partie de leur identité a été étouffée.

J’espère que mon témoignage trouvera un écho chez toutes celles qui manquent de confiance en elles afin de les encourager à se lancer dans leur réalisation personnelle quel que soit leur talent. Je vous souhaite de trouver l’énergie et le moyen de l’exprimer pour en faire profiter les autres. Osez !

Bonne chance.

Anne-Laure