17 avril 2008
Précautions maternelles - 2ème partie
Après le sujet des premiers pas de l’enfant, contemplons les autres soins attentifs qu’une mère apporte à son enfant. Les peintres les ont décrits souvent avec tendresse. Une promenade pour le plaisir des yeux.
Nourrissons le nourrisson
L’allaitement fit l’objet d’un article précédent de ce blog, passons à l’étape suivante : la cuiller !

Joseph Israel, musée de Détroit.
Tableau hollandais du XIX ème siècle. Allusions religieuses ? La mère porte un vêtement bleu, couleur de la Vierge, mère de Jésus . On ne connaît pas bien l’intention du peintre, la scène est profondément humaine, c'est au fond ce qui la rend si spirituelle.
Nicolas-Bernard Lépicié, Wallace collection, Londres
Ici la jeune maman semble moins convaincue par la valeur de sa tâche !

Jean-François Millet ” La becquée ” mba Lille
Les trois marmots,tels des oisillons affamés qui attendent leur pitance. La poule (la vraie) regarde la scène en hésitant à tendre son bec aussi …
Merveilleux tableau plein d’humanité lui aussi !

Mary Cassatt est la championne des scènes maternelles, et pourtant , elle n’a pas eu d’enfants. Elle étudiait ses neveux avec toute la tendresse d’une mère.
La sieste et la promenade

Jeune mère, Gustave Hamelin
musée Malraux Le Havre
La chaise basse est bien une chaise de nourrice, accompagnée de son petit tabouret, sur lequel poser ses pieds pour que les genoux remontent, et forment avec les cuisses le creux douillet du giron maternel.

Alphonse Lecadre
Musée des beaux arts de Nantes
Ah, s’endormir sur maman … entendre battre son coeur … un retour in-utero, le temps d'un dodo …

Berthe Morisot
musée d’Orsay
Contempler le plus beau bébé du monde.
Mary McMonnies , Roses et lys, mba Rouen
C’est si amusant de balancer par dessus bord les joujous que maman devra inlassablement ramasser !
La toilette

Mary Cassatt, Art institute Chicago
Mary Cassatt, Bibliothèque nationale de France
” La précaution ” Jean-François Millet
Musée du Louvre
La grande soeur regarde son petit frère et on imagine ses pensées ironiques, curieuses ou interrogatives.

Education intellectuelle
” La leçon de lecture ” ,Pieter Fransz. De Grebber
musée des beaux arts de Quimper
” La leçon de lecture ” Lépicié
Wallace collection Londres
Paul Ullman , La leçon de géographie,
Musée national de la coopération franco-américaine Blérancourt.
Les travaux manuels
JF Millet La leçon de tricot, vers 1860,
Clarck institute Williamstown

La Leçon de tricot, , JF Millet
Saint Louis art museum Saint Louis
L’apprentissage à quatre aiguilles n’est pas facile, le tricot à deux aiguilles est plus simple !
Et quand l’enfant n’est pas sage, on le punit.
Rembrandt, Nationalgalerie Berlin
Avec ce dessin plein de nerfs et d’autorité dont transpire cette jeune mère de Rembrandt, je termine ce petit tour des tableaux de l’enfance . Que ce soit celle de nos enfants, petits enfants, de nous-mêmes, celle-ci s’éloigne si vite !
Notre article culturel toujours dû à notre Grillondufoyer que vous pouvez retrouver ICI
Et dans la rubrique Beaux-Arts du forum ICI

17 mars 2008
Petite histoire de la serviette de table
Article rédigé par Grillon du Foyer
Il y a un an, j’avais retracé l’évolution de notre serviette de table, et je reprends ce sujet, qui m’amuse, aujourd’hui.
La serviette de table au fil … ou la serviette de tableau … !
Les tableaux sont de précieux témoins imagés.
Du drap de lin immense au carré de papier absorbant, la serviette a changé au fil des siècles, mais son rôle reste le même : assurer notre propreté et une bonne tenue à table.
Au XVème siècle, apparaît dans un panneau peint par le flamand Dirk Bouts la serviette de table collective :

La Cène, Dirk Bouts ( 1415-1475), collégiale Saint Pierre de Louvain.
On y remarque des serviettes de table collectives, pour deux, trois convives. La serviette , quand il y en avait à table, était donc jusqu’alors un très long linge qui courait le long de la table.
Pas de fourchette, la main touchait la nourriture, la serviette n’était pas superflue .
Attention, en se levant de table, de ne pas perturber son commensal en train de s’essuyer !
A la Renaissance, les couverts de service apparurent, on ne s’essuyait plus du revers de la main ou sur sa manche, la serviette devint individuelle, et le code des bonnes manières indiquait qu’il fallait s’essuyer la bouche et les doigts avant de boire. En d’autres termes , il n’était plus possible de transformer son verre en auge à cochon !
On peut distinguer cette première serviette blanche au cou d’un convive dans ” Les Noces de Cana ” de Véronèse :

Ce peut être un but de promenade : aller au Louvre la découvrir dans le plus grand tableau du musée !

Au XVIIème siècle, la serviette se généralise sur les tables, du moins dans les maisons bourgeoises, et devient un élégant élément de décor dans les tableaux hollandais par exemple :

Willem Kalf, Dessert, Ermitage Saint Pétersbourg

Jan Vermeer, Dame et gentilshommes, musée de Brunswick
Elle est de tous les festins désormais …

Jacob Jordaens, ” Le roi boit ” mba de Bruxelles
( une certaine serviette ne semble pas essuyer que des museaux ! )

Jan Steen, ” La fête des rois “, musée de Kassel
Au XVIIIème siècle, elle garde ses grandes dimensions, au moins un mètre de côté, en lin brodé, monogrammé, en coton damassé, elle s’accroche à la boutonnière de la veste chez les hommes :

Nicolas Lancret, ” Le déjeuner de jambon ” , musée Condé de Chantilly.
( On peut acheter encore de nos jours, en Angleterre notamment, une pince, qui se fixe sur la cravate et sert à suspendre la serviette de table au cou des hommes . )
Jean-François de Troy a souvent représenté des repas, où la serviette est mise en scène de belle manière:

J.F. de Troy, ” Le déjeuner d’huitres ” musée Condé Chantilly.
Au XIXème siècle on peut voir apparaître son complice quotidien : le rond de serviette.
Ce rond signifie que la serviette diminue de surface !

Claude Monet, Städel de Francfort
Dans ce grand et fort beau tableau de Monet, on distingue un rond de serviette , qui existe encore sous cette forme de nos jours.
La serviette a ensuite pris des couleurs dans la seconde moitié du XXème siècle, s’est décorée de toutes sortes de motifs, est devenue de plus en plus petite …
… pour adopter la forme jetable en cellulose. 
Et maintenant, les serviettes en papier, on ne les jette plus, on les collectionne, et on les utilise pour bricoler de jolis objets.

Elle a donné son nom à un loisir créatif : le serviettage !
26 octobre 2007
Cyrano de Bergerac revisité par les femmes au foyer
Karine-maman-des-chats a relancé avec brio l'atelier d'écriture des femmes au foyer.
Mais qu'est-ce qu'un atelier d'écriture ?
Laissons la parole à Karine-maman-des-chats
" Un atelier d'écriture c'est un peu comme les rédactions de notre jeunesse...mais en plus ludique !
On s'amuse avec les mots, on cherche des techniques pour décoincer l'imagination !
Ensuite on se lit les textes, on donne notre avis pour dire ce qu'on aime, ce qu'on pourrait éventuellement améliorer pour progresser. Petit à petit l'écriture vient plus rapidement : c'est en forgeant que l'on devient forgeron ! Je ne pense pas faire des écrivains avec cet atelier mais réveiller l'envie d'écrire... et au passage si on échange quelques moments de rires ou d'émotion c'est que l'atelier marche !"
Voyons l'un des derniers exercices de style proposé... 
Cyrano se transforme en femme enceinte et un facheux dans les transports en commun ou dans un autre lieu public se plaint de la taille de son ventre ou bien votre Cyrano en jupon est maman d'une famille nombreuse et on lui dit que sa famille est trop grande !
Vous vous centrez donc sur la réponse de la Cyrano en jupon ! Soit vous vous inventez les différents tons , soit vous reprenez ceux qui sont déjà évoqués par le vrai Cyrano... et vous avez le droit de nous concocter une chute de votre choix !
Lisons l'exercice de Béboune :
| Mme Vicomtine : Quoi ! Cinq enfants ! Que c’est navrant ! C’est pour les allocs, n’est-ce pas ? Car, bien sûr, vous ne travaillez pas ! Cyranurse : Madame, quel manque d’originalité Vous auriez pu éviter cette banalité Et pour me critiquer Utilisez des images plus variées: Par exemple, avec un ton médical : « Madame, rien n’est fatal : Savez vous qu’il existe des moyens de contraception Pour éviter cette fâcheuse contagion ? » Ou celui d’un syndicaliste en manifestation : « A bas l’exploitation ! Vous avez le droit de faire grève Si Monsieur au lit ne vous laisse aucune trêve. » Tel David Vincent : « Les envahisseurs, ils sont présents, Ils sont partout ! D’ailleurs il y en a cinq autour de vous ! » Même animalier Vous trouveriez des mots pour me rabaisser : « Voici un croisement intéressant : Entre le lapin et la poule, c’est étonnant ! » Si vous aviez un peu d’imagination Vous donneriez une autre tournure à votre conversation. Et pour répondre à votre rudesse Je vous parlerai avec tendresse : Si j’ai donné la vie à cinq enfants C’est que mon cœur est grand. J’ai beaucoup d’amour à donner Et, d’ailleurs, je pourrais bien vous adopter ! |
Celui de Co de Contes :
Dans un parc... En semaine...une maman avec ses 4 enfants. …et un vieillard avec sa dame…sur un banc…
LE VIEILLARD : allez, oui j’y vais maman (en s’adressant à sa femme)…Madame...votre famille est…très grande
LA MERE DE FAMILLE NOMBREUSE : Très
LE VIEILLARD : Tu vois maman…je lui ai dit…
LA MERE DE FAMILLE : Et…
LE VIEILLARD : Euh…
LA MERE DE FAMILLE…
Mais il me semble, Monsieur ? que vous auriez pu trouver un vocable plus riche..
Vous pouviez sur ce sujet...développer votre argument..
En variant le ton...
AGRESSIF : moi Madame ? avec une telle famille, je n’aurais jamais pu sortir dans la rue…
AMICAL : mais quelle belle tribu..ils sont donc tous à vous ?
DESCRIPTIF :quel bel échantillon de progénitures males.. ;(juste un rappel pour mes 4 garçons…lol !)
CURIEUX : mais qu’est ce dont Madame, une sortie scolaire ? une garderie temporaire ?
GRACIEUX : Madame, aimez vous tant les enfants, qu’à vous seule vous décidâtes de repeupler la France ?
TRUCULENT : Votre mari ,madame, dois follement vous aimer..pour qu’à moult occasions il ait choisi de vous honorer ?
PREVENANT :Attendez, Madame, je vais de ce pas demander au gardien de libérer les bancs..pour qu’avec votre troupe vous puissiez vous asseoir…
DRAMATIQUE : Mais Madame quelle inconscience…dans une société où l’avenir est si périlleux ?
NAIF : Ah comme je vous suis gré..d’avoir ainsi pensé…au paiement de ma retraite…
CAMPAGNARD : Ah boudiou...regarde dont Mimine...la bourgeoise en balade avec tous ses marmots…
D’LACITE : Eh la vieille, look la meuf… elle doit se faire sauter…trop bonne..vises les chiards…
(euh composition difficle. je parle pas "d’lacité" !)
Vous auriez pu , Monsieur, avec beaucoup de verve, me rétorquer tout cela.
Vous auriez pu aussi, au delà de la haine, et des petits soucis que vous donnent ma tribu…me saluer simplement, comme une de vos concitoyennes…et respecter seulement le choix de ma famille…
Je ne vous donne pas, monsieur, le droit de me juger...sachez que dans son corps chaque personne est libre et que vous ne connaitrez point les secrets de mon cœur !
Et pour finir celui d'encoredelasoupe :
Dans le métro, heure de pointe...
donc...forcément ce ventre là aussi ...pointe !
Le Loupiot, bousculant et sautant par le portique de métro :
Ha ! pousse toi…on m’attend… !
Zézette , épouse XXXX, imperturbable :
C'est tout ?...
le Loupiot :
Mais...
Zézette , épouse XXXX, imperturbable et vissée au sol :
Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme.
En variant le ton,- par exemple, tenez :
Allumé " Moi, Madame la Daronne, si j'avais une telle brioche,
Il faudrait sur-le-champ que je me le ponde ce mioche ! "
Narvallo : Vise ton bide !!
Encore 3 mois ????? on dirait pas que ça speede !
Descriptif : " C'est une bedaine !
Un véritable pondoir à Baleines !
Curieux : " A quoi sert ce curieux promontoire ?
Encore une couvée de futurs pigeons prêts à s’envoler au square ?"
Gracieux : " Aimez-vous à ce point les minots
Que vous en abritiâtes encore un de si jeunot ?
Truculent : " Ça, la Reum’, pour le sortir çui là d’ benêt,…
Par les pieds, au lasso , il faudra le tirer !
Prévenant : " Prends garde, vise ton melon affaissé
Par ce poids, tu vas te gaméler ! "
Emphatique : " Aucune vague ne peut, ce ventre encombrant,
En l’Odyssée, le perdre… même à contre-courant !!!!!!!
Dramatique : " C'est trousse-frousse !
Quelle graine mystérieuse donc y pousse ?
Naïf : " Ce gos ballon, comment se dégonfle-t'il ?
Par quelle ouverture se désenfle-t'il ?? "
Dubitatif : " Souffrez, la Reumé, qu'on vous salue,
C'est là ce qui s'appelle attendre la coquecigrue !!!! "
Campagnard : " Hey Georgette !
Dans les roses !!! pas dans l’ chou, fallait la mettre ta chaussette !!! "
Militaire : " Nom d’une Cavalerie !
En v’là un qu’a su tirer l’artillerie !!! ! "
Pratique : " Voulez-vous de profil ce ventre Le ranger ?
Assurément, la Mère, , ce sera plus facile pour passer "
Pfuuu !
Eussiez-vous eu, d'ailleurs, le vocable qu’il fallait
Pour pouvoir là, devant le badaud attroupé,
Me balancer, ces incongrues sentences
Qu’en bandoulière je me le porte…
Mon indiscutable ventre au moins, lui, enfonce
Ouvertes ou non…toutes les portes !
Bravo à elles trois ! Quel talent ! On en redemande !
Si vous êtes femme au foyer et si cela vous tente...lancez-vous avec nous chaque mercredi ICI
Pour le plaisir, l'original de "la tirade du nez" ICI
01 octobre 2007
Les premiers pas - 1ère partie
Les premiers pas dans l’art , le dessin, la peinture : voilà un sujet qui me semble intéressant !
Difficile, ces premiers pas , on risque de se casser la figure.
On est jeune, plein d’entrain , d’optimisme, d’insouciance, on se dit
qu’on va y arriver tout seul, on veut foncer tête baissée dans la
technique, on est bien décidé à aller de l’avant …
Allez, on se lance vers l’inconnu !
Si, si, j’y arriverai !
Difficile d’être autodidacte, il vaut mieux être guidé, du moins pour le début, car le chemin est semé d’embûches …
On se casse la tête, on tatonne, on échoue … et vlan, raté, tout ce
qu’on obtient en fin de compte, c’est une belle croûte, et ça fait mal.
Les premiers résultats ne sont pas terribles, bien maladroits, hésitants , bancales … peut mieux faire.
Ca ressemble surtout à un château branlant, alors que , plein d’utopie,
on pensait maîtriser la verticale, la ligne droite, et la perspective,
on envisageait dès le départ un parcours sans faute.
C’est toujours comme ça quand on est jeune et qu’on débute.
Heureusement la famille est là pour nous encourager de ses bonnes paroles, car nos parents sont souvent fort gentils , compréhensifs, et même admiratifs pour nos premiers pas .
Oh, oui, heureusement que les nôtres
sont là, sinon , sans eux, on abandonnerait pour ramper lamentablement
avant de savoir se redresser…
Jugez donc :

Rembrandt, Enfant apprenant à marcher , sanguine, British museum Londres

Pieter de Hooch Deux femmes apprenant à marcher à un enfant, musée de Leipzig

Maurice Denis, Les premiers pas, dit aussi Famille au bord de la mer, mba de Rennes

Jean-François Millet, Premiers pas, dessin au crayon noir et pastel, 1858, Lauren Rogers museum of art Laurel ( Mississipi )

Vincent van Gogh, Premier pas, d’après Millet, 1890, Metropolitan museum New York
Tous ces artistes n’en étaient pas à leurs débuts pour ces premiers pas, et on admire !
Ce sujet dans la peinture est intéressant mais principalement aux yeux
de la FAF ou MAF comme moi, qui aime les sujets maternels.
J’espère qu’il aura plu aussi aux PAF ou PQT ( pères au foyer ou pères
qui travaillent ) , car ils participent souvent à ces premiers pas !
A suivre...
Notre article culturel toujours dû à notre Grillondufoyer que vous pouvez retrouver ICI
Et dans la rubrique Beaux-Arts du forum ICI
07 septembre 2007
La lessive dans l'art
Après le repassage, voici la lessive, dans cette petite chronique
ménagère et picturale à laquelle je me livre avec un vrai plaisir de
FAF.
Je prends les choses à l’envers, puisque nous repassons le linge après
l’avoir lavé, mais comme ces tâches ménagères s’enchainent dans un
cycle perpétuel, on lave aussi après avoir repassé .
L’été dernier j’avais déjà évoqué l’histoire de la lessive ( taper le mot lessive dans le moteur de recherche), et je complète aujourd’hui mon petit article par quelques tableaux s’ajoutant à ceux de Renoir, Corot, Bouguereau, Valotton …
Je reprends le tableau d’Honoré Daumier qui est mon préféré :

Daumier , La Blanchisseuse, vers 1860, musée d’Orsay
On
voit là une maman remontant du bateau lavoir avec son lourd fardeau de
linge, elle tient son enfant par la main, et la petite fille porte le
battoir.
Le revoici, ce battoir
, instrument qui donne une bonne claque aux mauvaises taches !
Dans
ce tableau, on distingue derrière la jupe de la blanchisseuse les tons
verts de la rivière, où stationne le bateau-lavoir, ce lieu de dur
labeur mais aussi de convivialité, et bavardages animés.
La silhouette massive de cette femme solide , qui exerce un métier de
force, se détache sur les murs blancs de la ville, blancheur lumineuse,
aspiration et même sacerdoce de la blanchisseuse.
Pierre Bonnard a peint aussi une blanchisseuse, mais à l’opposé de Daumier, il la représente menue, trottant trotte-menue dans la rue du village avec son panier. Il découpe sa silhouette comme une ombre chinoise, petite femme humble ayant exécuté la rituelle lessive.

Bonnard, Clark Intitute, Williamstown
Jean-François Millet représente le moment de la “coulée “. Le linge est mis à bouillir dans la cuve, une couche de paille le recouvre, par dessus une couche de cendres, de chène de préférence, et la blanchisseuse fait couler sur le tout, l’eau qui véhicule au centre du linge, les agents lessivants de la cendre. C’est un circuit fermé, l’eau est récupérée en bas de la cuve et reversée sur le dessus. Ma grand-mère a connu cette technique et me l’avait racontée, on n’imagine pas aujourd’hui blanchir notre linge avec des cendres !

Millet La lessive, musée du Louvre
En dehors de la grande lessive, on pouvait laver son petit linge dans une cuvette, tout comme nous le faisons aujourd’hui.

Jean-Baptiste Greuze, musée Paul Getty , Los Angeles
Emile Zola, dans l’Assommoir, décrit de façon magistrale la grande ” buée “, quand les femmes battent et font bouillir le linge à la buanderie, ces pièces où il régnait une chaleur humide particulièrement oppressante. C’est là que Gervaise se livra à une mémorable bagarre entre lavandières, et où le battoir fouettait alors des derrières roses et dodus !
Fragonard a peint à sa manière cette buée.

Jean Honoré Fragonard, Les Blanchisseuses, 1756, The Saint Art Museum, Saint Louis
Si l’atmosphère suffocante de vapeurs savonneuses échauffent les esprits jusqu’à la bataille en règle chez Zola, au contraire, selon Fragonard, elle excite les sens et invite à l’érotisme. On se caline dans les parfums mélés de feu de bois et de lessive.
Je ne montre pas à nouveau le tableau de Chardin ” La lessive ” , que j’avais évoqué à propos des bulles de savon.
Pour clore mon sujet, je propose un haïku ménager amusant de Béatrice Fontanel :
"La petite jouissance
De la mère de famille
Lorsqu’elle fourre le linge
De tous dans le trou
De la machine à laver
Copulation électroménagère."
Un grand merci à Grillondufoyer pour cet article.
03 septembre 2007
Là-haut sur la montagne…y avait une femme au foyer !
Là-haut sur la montagne…y avait une faf !
A
chacun son Everest, le mien s’appelle la Dent d’Oche (2222 m), pas très
haut mais il faut bien commencer. La dent d’Oche, premier sommet depuis
le lac Léman, sorte de phare pour les Chablaisiens
. Depuis 2 ans que j’habite en Haute Savoie j’ai envie de monter là-haut voir le paysage.
Lever à l’heure où le soleil apparaît (où déjà Ch’tricote ?), en montagne il fait rapidement chaud
.
Préparation du sac à dos avec quelques fruits, barres de céréales et de l’eau de Thonon bien sûr
.
Mes jolies chaussures Prada, non vieux caravanier
Nous laissons la voiture à Bernex, petit village à 1500 m et là en bonne parisienne j'ai choisi
Après une heure de marche, escale technique
et
Au détour d’un sentier rencontre avec les habitants de ces lieux
et 
et des fleurs partout 

Après 2 heures de marche et 700m de dénivelé, le sommet et un gros nuage
pas de vue mais un nain
ils sont farceurs ces savoyards !
Faudra
que j'y retourne pour avoir la vue sur le lac Léman et le Mont Blanc www.valaispano.ch/dentdoche/dentdoche.html
Décidément la montagne ça me gagne !
Merci à ma copine Jolie qui n'a pas de blog mais que vous pouvez croiser sur le forum pour cette sympatique ballade !
24 août 2007
Le repassage N°2
Je continue mon article sur le repassage, car cette tâche
électroménagère se répète inlassablement dans la vie quotidienne de
toute FAF.
Cette pile interminable
de linge serait insurmontable de nos jours, si nous ne pouvions
brancher, en même temps que notre fer, le téléviseur et le magnétoscope
ou lecteur DVD ! Il nous faut bien occuper notre esprit autant que nos
mains.
Comment faisaient nos mères, grands-mères, ancêtres, quand l’audiovisuel ne venait pas adoucir ce travail ?

Le Larousse Ménager de 1926 consacre quatre pages au repassage . C’est dire l’importance de la tâche !
A
cette époque, la semelle du fer pouvait rouiller, parce que son nom de
” fer ” avait sa raison d’être, et il fallait graisser le fer avant de
le ranger, puis laver la semelle à l’eau savonneuse au moment de
l’utiliser, et la rendre bien glissante grâce au nouet de cire.
J’ai encore utilisé le nouet de cire il n’y a pas si longtemps. On
achetait un pain de cire jaune chez le droguiste, on l’emballait dans
un morceau de tissu, et on passait le fer chaud dessus. La cire fondait
et lubrifiait la semelle, afin que celle-ci glissât mieux sur le linge.

Jacob Duck ( 1596- 1667) La Repasseuse, musée d’Utrecht
On peut constater avec ce tableau hollandais, qu’au XVIIème siècle, on utilisait le même petit fer qu’au début du XXème.
On apprêtait le linge avec un amidon plus ou moins fort, cru, ou empois cuit, selon les pièces à repasser, col, poignet, plastron, coiffe, guipure, jupon, rideau, nappe … et les recettes étaient variées, apprêt à l’eau de riz, à la fécule, à l’eau gommée, au lichen …

Louis Léopold Boilly Jeune femme repassant, vers 1800, Boston, museum of fine arts
Le fer à vapeur n’existait pas, et il fallait humecter le linge. Je me souviens que j’empilais les pièces de coton en les aspergeant une à une d’eau à l’aide d’un flacon dont le pommeau était percé comme une passoire, et je roulais mon tas sur lui-même , puis laissais pendant quelques heures l’humidité imprégner uniformément tout le linge.

Henry Robert Morland (1717 - 1797 ), Tate Gallery Londres
La table à repasser plus ergonomique et pliante, donc d’un rangement pratique, remplaça l’épaisse couverture posée sur la table, et la petite ” jeannette ” permettait de repasser la layette , les petites pièces compliquées …

J’ai photographié ce petit tableau au muée des beaux arts de Caen, et
j’ai oublié le nom du peintre . Il me faudra retourner dans ce musée !
Le repassage, bien qu’il soit parfois une corvée, est un travail propre et minutieux, et la vue de la pile multicolore de linge propre, net, sentant bon le frais, provoque toujours chez la ménagère un soupir de satisfaction et de bien-être.
Il n’y a plus qu’à ranger dans l’armoire !

Pieter De Hooch, détail de ” L’armoire à linge “, 1663, Rijksmuseum, Amsterdam
Un grand merci à Grillondufoyer pour cet article.
13 août 2007
Histoire du repassage - N°1
Emile Zola raconte dans ” L’Assommoir ” la vie de
Gervaise, qui réalisa son rêve, ouvrir une petite boutique de
blanchisserie, dont l’enseigne affichait fièrement ” Blanchisseuse de
fin ” .
Edgar Degas étudia les ouvrières des blanchisseries, particulièrement le moment où elles repassent le linge.
Quand Degas rencontre Zola, on obtient cela :
” Gervaise, les premiers jours, éprouvait des joies d’enfant, quand elle traversait la rue en rentrant d’une commission. Elle s’attardait, souriait à son chez-elle. (…) Dans la vitrine fermée au fond par de petits rideaux de mousseline, tapissée de papier bleu pour faire valoir la blancheur du linge, des chemises d’homme restaient en montre, des bonnets de femme pendaient, les brides nouées à des fils de laiton.”

” L’établi , une immense table tenant les deux tiers de la pièce, garni d’une épaisse couverture, se drapait d’un bout de cretonne pour cacher les tréteaux. Gervaise s’asseyait sur un tabouret, soufflait un peu de contentement, heureuse de cette belle propreté, couvrant des yeux ses outils neufs. Son premier regard allait toujours à sa mécanique, un poêle en fonte, où dix fers pouvaient chauffer à la fois, rangés autour du foyer sur des plaques obliques. ”

” Chacune, à sa droite, avait son carreau, une brique plate, brûlée par les fers trop chauds. Au milieu de la table, au bord d’une assiette creuse pleine d’eau claire, trempaient un chiffon et une petite brosse. (…) Mme Putois avait attaqué le panier de linge préparé par Gervaise, des serviettes, des pantalons, des camisoles, des paires de manches. Augustine faisait traîner ses bras et ses torchons, le nez en l’air, intéressée par une grosse mouche qui volait. Quant à Clémence, elle en était depuis le matin à sa trente-cinquième chemise d’homme. ”

” Clémence prenait un fer à la mécanique, avec sa poignée de tôle garnie de cuir, et l’approchait de sa joue, pour s’assurer s’il était assez chaud. Elle le frotta sur son carreau, l’essuya sur un linge pendu à sa ceinture, et attaqua sa trente-cinquième chemise, en repassant d’abord l’empiècement et les deux manches.”

” Elle était toujours dans les chemises d’homme. Mais oui, elle vivait là-dedans. Ah Dieu de Dieu ! elle les les connaissait joliment et savait comment c’était fait. Il lui en avait passé par les mains des centaines et des centaines. Tous les blonds et tous les bruns du quartier portaient de son ouvrage sur le corps. ( … ) Elle avait marqué cinq grands plis dans le dos, en introduisant le fer par l’ouverture du plastron; elle rabattait le pan de devant et le plissait également à larges coups. ”

” Gervaise acheva enfin la coiffe du bonnet de Mme Boche. Elle en avait ébauché les dentelles, les étirant à la main, les redressant d’un léger coup de fer. C’était un bonnet dont la passe, très ornée, se composait d’étroits bouillonnés alternant avec des entre-deux brodés. Aussi s’appliquait-elle, muette, soigneuse, repassant les bouillonnés et les entre-deux au coq, un oeuf de fer fiché par une tige dans un pied de bois .”
Ma grand-mère ( c’est Grillon qui écrit là, non plus
Zola, lol ! ) était blanchisseuse comme Gervaise, et je me souviens
bien de sa boutique et de ses deux ouvrières toujours gentilles avec
moi, gamine de quatre ans … Je faisais la sieste dans un panier à linge
en osier rangé sous les chemises suspendues comme des voiles féériques
au dessus de ma tête.
Ah le coq, oui, je le vois encore ce coq qui formait de si jolies
manches ballon bien gonflées dans les robes de petites filles !
Un grand merci à Grillondufoyer pour cet article.
30 juillet 2007
Couture dans la toile
La couturière semble avoir charmé de nombreux peintres. Une femme absorbée dans son minutieux travail d’aiguille donne à l’artiste un modèle tranquille , posant sans poser, lui offrant tout le temps nécessaire à l’étude des formes et des gestes, de l’expression, du jeu de lumière .
Ce sujet, très séduisant pour la Femme au Foyer amateur à la fois de couture et de peinture que je suis, a fourni aux artistes l’occasion de peindre de magnifiques tableaux.
Couture en groupe et en plein air :

Max Liebermann, Städel Francfort
Ou bien couture dans la quiétude isolée du salon :

Charles Tarbell Canajohorie art gallery New York
Ou couture dans la cuisine en surveillant le pot-au-feu :

Martin Drolling , détail de ” Intérieur de cuisine ” musée du Louvre

Joseph Paul Meslé A la cuisine, musée des beaux arts de Rennes
Couture au jardin sous les frondaisons printanières :

Mary Cassatt, musée de Boston
Merveilleuse Mary Cassatt, qui nous montre toujours de manière si touchante l’attachement des enfants envers leurs mamans très occupées …

Mary Cassatt, Metropolitan museum of art, New York
Couture le soir, sous la performante lampe day-light , en écoutant plus que regardant la télévision :

Jean-François Millet
Papa peint et maman coud . Les peintres devaient saisir sur le motif ( de broderie ! ) leurs épouses ou parentes.

Camille Pissaro Art Institute Chicago

Odilon Redon Metropolitan New York

Auguste Renoir musée de Boston

Edwin Thomas Johns Ipswich Museums Suffolk Angleterre
Je termine cet article tout peuplé de couturières par une scène lumineuse de Berthe Morisot. Cousait-elle aussi bien qu’elle peignait ?
Un grand merci à Grillondufoyer pour cet article...piquant !
22 juin 2007
Design Céramique contemporaine: Stefanie Hering
Beaucoup de femmes au foyer suivent des cours de poterie-céramique-modelage et Océane
du forum des femmes au foyer en a même fait son métier.
Elle l'exerce donc chez elle en Allemagne, et a eu la gentillesse de nous faire découvrir une céramiste allemande.
"Un petit article sur une céramiste que j'ai eu
la chance de rencontrer lors d'une conférence qu'elle a donnée dans mon
école voici 4 ans.
C´est une femme extraordinaire, trés douée, trés sympathique et chaleureuse.
Elle a été aidée par son mari tout au long de sa carrière, et il a grandement contribué à son succès.
Pour nous céramistes et porcelainiers d´Allemagne, elle est un modèle à suivre." Océane
Stefanie Hering
est considérée comme la meilleure céramiste allemande contemporaine, depuis Marguerite Friedländer Marguerite Friedländer
qui était devenue célèbre en dirigeant l'atelier de porcelaine de la Bauhaus dans les années 1930.
Stefanie Hering a ouvert son premier atelier en 1992 dans le quartier de Prenzlauer Berg à Berlin.
Depuis, que de chemin parcouru ! Elle est la fondatrice du label « Hering-Berlin » caractérisé par d'élégants objets en porcelaine mate.
Sa palette de créations comprend des vases, des coupes, des lampes,
des services de table et des figurines. Bref, tout ce que l´on peut
réaliser en porcelaine.
Elle continue de s´inspirer des formes des modernes classiques qui furent l´essence du mouvement de la Bauhaus.
Toutes les créations de Stefanie Hering sont réalisées en porcelaine de Limoges tournée sur tour de potier.
C´est une technique particulièrement difficile, car la porcelaine ne pardonne pas la moindre erreur, et exige un travail parfait.
Chaque objet est mis à sécher après tournage et reçoit un décor peint
avec de la gomme-laque.
Cette dernière étant imperméable à l´eau, le relief typique
des objets de Stefanie Hering apparaît lorsque les surfaces non
protégées par la gomme-laque sont lavées avec une éponge, parce-que la
porcelaine est diluée en surface.
Lors de la cuisson, la gomme-laque
( qui apparaît en roux sur les pièces de porcelaine crues ) disparaît complètement et il reste un motif en relief. 
Les objets sont uniquement émaillés à l´intérieur, ce qui permet un contraste fort intéressant entre les structures extérieures mates, poreuses et rugueuses, et l'intérieur lisse et brillant.
Pour Stefanie Hering, le design en porcelaine doit être caractérisé par des formes simples et épurées et des objets que l´on aura encore envie de regarder dans 20 ans.
«..
un bon design est daté, est typique d´ une époque, mais il doit
continuer à exister avec les années …» (Interwiew pour Rosenthal)
Quelques dates : Née à Stuttgart en 1967
Apprentissage de céramique de 1983 à 1986,
Années de compagnonnage en Irlande, au Danemark et en Allemagne, de
1986 à 1989
Etudes de céramique à l´Ecole des Arts Céramiques de Höhr-Grenzhausen
Examen de maitrise en 1992 et ouverture du premier atelier à Berlin
Création de la manufacture « hering-Berlin » en 1999
Expositions : Musée des Arts, Dublin
Musée de Céramique contemporaine Keramion, Frechen ( près de Köln)
Hetjens Museum, Düsseldorf
Musée des Arts et Métiers , Hamburg
Grassi Museum, Leipzig
Musée National de la Céramique, Sévres, France
Musée des Arts, Frankfurt /Main
Prix : Hessischer Staatspreis 1996
Design plus 2000 Frankfurt/Main
Sonderpreis Zeughaus Messe für Angewandte Kunst Berlin-Brandenburg 2004
Design plus Award 2005
Liens : http://www.hering-berlin.de/html/d/index2.html
http://www.galerie.heller.de
http://www.artedona.de
http://www.manufaktur.tag.de
http://www.rosenthal.de
Stefanie Hering est mariée à Götz Esslinger et mère de deux enfants.
Merci à Océane pour la découverte de cette artiste. A quand un blog avec tes oeuvres ?






