15 août 2009
L'enfermement
C'est une sensation grisante, voire euphorisante de se dire qu'on a devant soi des journées entières pour bichonner notre nid douillet, notre petit mari chéri et, comme bien souvent c'est le fait de commencer un congé maternité qui nous pousse à devenir femme au foyer : s'offrir l'immense plaisir de préparer la venue de bébé en toute sérénité, c'est le pied total.

Il arrive d'ailleurs dans ces premières semaines que petit mari chéri laisse échapper son admiration sans bornes pour cette nouvelle femme qu'il découvre : attentionnée, reposée, plus disponible et nouvellement cuisinière émérite. (avant, on n'avait pas le temps).
L'enfant arrive. On rentre à la maison. Même si tout va bien, on est fatiguée.
Si c'est le premier enfant, on se sent un peu déroutée. Le temps passe. On est heureuse de s'occuper à 100% du petit bout de chou ; de devenir une mère accomplie après avoir été une épouse comblée.

Le temps passe. Mais... On ne peut pas donner de délai précis avant cette phase de grand doute qui finit la
plupart du temps par nous envahir. Quand on se rend compte que des premiers mois si merveilleux, nous sommes devenues les fantômes d'une vie qui ne nous fait plus rêver. Quand on se rend compte le matin au réveil qu'on a les yeux au milieu de la figure et qu'on se sent moche. Et cette fatigue permanente. Cette lassitude. On ne voit plus rien passer...
Pourtant c'est vous qui avez choisi cette vie. C'est bien vous qui avez décidé d'être femme au foyer. Il y a même des personnes bien attentionnées qui ont essayé de vous faire changer d'avis. Mais c'était votre conviction, votre désir le plus cher.
Alors comment pourriez-vous vous en plaindre (on vous avait prévenue !) ? Et auprès de qui ?
C'est le silence. Puis l'enfermement.
Dans cet enfermement, il y a la dualité.
L'envie d'être une bonne mère, une bonne épouse, une bonne gestionnaire du foyer, une bonne ménagère (utilisons ce vilain mot).
L'image qui nous fait rêver d'une famille épanouie grâce à notre disponibilité de tous les instants. Coller à l'idéal que l'on se fait, que l'on nous a inculqué : une femme au foyer n'a pas le droit à l'échec de son couple, ni de celui de ses enfants à l'école : elle est là pour ça elle leur est dévouée ! Echouer est inconcevable.
D'un autre côté, il y a nous, en tant qu'être humain. Et oui ! Sous la pression que nous nous infligeons
inconsciemment, il y a cette femme que l'on a nous-même anesthésiée afin de coller au mieux à cette image de la femme parfaite. Cet état de passivité face à cette vie que nous ne créons plus n'est pas durable quand on commence à en prendre conscience.
Malheureusement, il est trop tard car nous sommes involontairement rentrée dans cette phase d'enfermement. Très repliée sur nous-même, nous nous rendons compte que notre vie tourne autour d'un tout qui ne correspond pas forcément à nos attentes.
C'est alors que les mots "épanouissement personnel" sonnent comme une claque. Au regard de la famille et du foyer qui est en général très épanoui, équilibré et rayonnant, la femme, si elle en est le moteur incontestable, n' est plus celle qui en profite, ou en tout cas qui y prend du plaisir. Elle n'est plus actrice de sa vie mais spectatrice de la vie des autres. Elle voit son mari partir au travail, avoir une vie sociale : il parle à des gens, il déjeune avec des gens, il fait ses trajets avec des gens.
Et vous ? Elle voit ses enfants aller à l'école, avoir eux aussi une vie sociale, s'éclater avec leurs copains, déjeuner à la cantoche des trucs dégueus (mais c'est plus marrant qu'à la maison).
Et vous ? Elle se rappelle de ses copines qui travaillent toujours, qui pendant un temps ont continué à l'appeler et puis les centres d'intérets changeants, elles sont parties. Elles ont continué leurs carrières.
Et vous ? Nous y sommes. Vous voilà prisonnière de votre condition. Vous êtes enfermée dans une vie qui ne
vous correspond plus. Et pourtant, vous êtes persuadée que votre choix est le bon. Mais vous ne savez plus comment faire pour trouver une harmonie entre votre bonheur personnel et celui de votre communauté familiale. La société ne vous a pas aidée. On n'ira pas jusqu'à dire qu'elle vous a un peu plus poussée dans votre isolement mais presque !
Le regard de ces autres qui ne comprennent pas votre choix.
Cette société qui nous a relégué à un rend d'anonyme sans numéro de sécu, sans retraite, sans aucune aide en rien. Cette société qui pense que parce que vous êtes à la maison vous êtes corvéable à merci parce que vous le voulez bien (sinon, vous travailleriez comme tout le monde !). Cette société qui vous renvoie à la figure chaque fois que vous ouvrez votre porte-monnaie pour acheter le pain que vous n'êtes rien, si ce n'est un pauvre être tributaire des revenus de son mari.
Comment ne pas se sentir enfermée ?
Comment franchir ce cap qui nous affaiblit, nous fait perdre toute confiance en nous ? Il n'y a pas trente-six solutions.
En tout cas la plus importante et la première, c'est de prendre conscience, que vous ne voulez plus de cet état et que vous ne voulez plus être transparente. Vous voulez que les gens vous voient et vous entendent. Parce que comme tout le monde, vous avez des choses à dire, des sentiments, des jugements et des avis. Pas à pas, vous aller reconstruire votre personne pour lui rendre sa force, ses convictions. Rappelez-vous ce sentiment de bien-être des premiers temps : rien n'est perdu. C'est cette sensation qu'il faut retrouver, parce qu'à ce moment-là, vous étiez bien. Vous vous fichiez du regard des autres, c'était VOTRE plaisir, votre choix privilégié, et il n'y a aucune raison que ça ne redevienne pas ainsi.

Le réseau peut vous aider en ce sens. Le première chose quand on veut sortir de son isolement, c'est de sortir. Logique !! mais pas si simple. Aller vers les autres quand on ne se sent pas au top de sa forme, c'est un véritable tour de force. Le réseau peut vous aider à reprendre contact grâce au forum, grâce à ces premiers échanges virtuels qui paraissent peu de choses au début mais qui s'étoffent au fil du temps (de belles amitiés sont nées par ce biais !).

Le fait de vous retrouver dans une communauté qui a les mêmes aspirations, les mêmes préoccupations que vous, vous permettra de prendre conscience que vous n'êtes pas la seule à qui ça arrive (et c'est rassurant), et vous allez peu à peu devenir soutien de celles qui vont mal et vous nourrir de ce que vous apportez aux autres.
Le réseau se veut être un soutien dans votre vie : que vous ayez envie de retravailler, de vous épanouir dans votre foyer, trouver une activité qui vous comble, monter une association, devenir maire de votre ville, vous lancer dans la chanson (et pourquoi pas !), bref, nous sommes toutes là pour vous.

Poussez la porte et entrez, c'est votre premier pas de femme libre dans sa tête et heureuse de ce qu'elle est.
Article écrit par mplr fondatrice du réseau femmaufoyer.net
13 mars 2009
Femme des années 2000, tiens-toi bien !
Mon mari vient de m'envoyer ceci par mail. Comment dois-je le prendre ?? ![]()


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07 février 2009
Infos réseau
1- Abonnez-vous dès à présent à la newsletter pour ne rien rater des posts qui sont publiés,
2- Pensez à laisser des commentaires à la fin des articles : c'est une façon de remercier les personnes qui ont passé du temps à écrire leurs articles pour votre plaisir.
3- N'oubliez pas de passer régulièrement consulter le portail de notre maisonweb, véritable pilier du dispatching des infos et animations en cours.
4- Pour être membre, il vous suffit de vous inscrire sur notre forum, que vous soyez femme au foyer, ou une femme qui travaille mais qui est concernée par son foyer. Nous avons toutes des tas de choses à apporter de nos expériences, notre organisation, nos astuces, quels que soient nos âges ou nos situations.
C'est une période de crise. Chez femmaufoyer.ner, on a la pêche, on se sert les coudes et les résultats sont là. Mobilisons-nous pour crier haut et fort que :" nous faisons fi de la crise !!!"
05 février 2009
Ce que Gisèle Halimi pense des femmes au foyer
"Être une femme au foyer reste un choix, et il est respectable, mais c’est un choix qui n’est pas compatible avec la démarche de libération des femmes. Je pense même que l’amour et l’épanouissement sexuel ne sont pas les mêmes selon que l’on est femme au foyer ou pas.
Je ne veux pas dire
qu’une femme qui ne travaille pas ne peut être heureuse, mais dans
l’hypothèse où elle ne l’est pas, quelle est l’alternative ? Prendre un
amant ? Se résigner ? Les femmes ne doivent jamais se résigner !"
Lire l'interview complet ici http://madame.lefigaro.fr/societe/en-kiosque/1809-les-femmes-ne-doivent-jamais-se-resigner
Suite à ces phrases...voici la réaction de titebaleine sur le forum...
morceaux choisis....
"Mais la société exige que l’on soit mère ! Tout se passe comme si vous ne pouviez pas ne pas vouloir l’être…"
nan
mais elle aurait aussi pu se retenir, je trouve. être à fond dans son
trip, hein. parce que faire un enfant pour voir si on continue
d'apprécier la randonnée, et savoir comment ça marche, c'est moyen...
"Imaginez le monde sans ventres ronds, et sans publicité qui les vante."
spa
grave mais ce serait juste la fin du monde en fait. inutile d'aller
plus loin dans ce délire imaginaire, y'a pas d'après ça.(pitin le
niveau...)
"Mais j’ai senti à quel point un enfant pouvait être chronophage… Vous n’avez plus de vie"
au
secours...mais sacrée courgette, les enfants SONT la vie, didiou. avoir
fait un bac + de philo pour en arriver là ...c'est la preuve que la fac
n'est pas à la hauteur, vive l'autoformation.
"C’est pourquoi je ne voulais pas allaiter mon fils, je refusais cette dépendance-là"
pas
une pour racheter l'autre...mesdames je suis navrée de devoir vous
apprendre ça malgré vos diplômes, mais en effet un enfant est un être
dépendant.
La relation de dépendance est naturellement inévitable.
si on veut faire les choses artificiellement ok, on peut dire qu'on
refuse la dépendance, mais on refuse surtout la nature je trouve, mais
j'ai pas fait philo, moi.
"Je voulais une fille qui se voie dans mes yeux comme étant la femme qu’elle allait devenir"
comme quoi ça s'est pas arrangé au 3ème lardon...et bé au moins elle a appris comment ça fonctionne les filles, hein...
"Quatre-vingt-trois
pour cent des travailleurs à temps partiel sont des femmes. Elles n’ont
pas choisi cette situation, elles la subissent, et elle brise leur vie"
briser
une vie...faut pas déconner là! on parle d'un boulot, pas d'un cancer!
on parle de la France pas d'un bidonville haïtien! briser une vie, je
t'en foutrais des brisures, moi, ça sent vraiment la nana qui n'a pas
eu beaucoup de soucis...
La libération de la femme, ok.
L'égalité
ok. mais si on veut. Pas l'égalité forcée, hein. J'ai aucune envie
d'être l'égale de mon mec quand il s'agit de rentrer 12 stères de bois,
moi. Et j'ai pas envie qu'on lui invente un nichon artificiel pour
allaiter non plus. Je suis plutôt fière de mon UTERUS sans H, merci.
Ce genre de féminisme qui veut que les femmes soient des mecs...
et
vice versa d'ailleurs, ce qui nous vaut une belle génération de
tafioles chochotes de 30 ans à qui on a dit que pleurer c'était bien,
hein, montre ta moitié féminine vas-y, deviens une femme comme les
autres...
comme si les hommes n'avaient déjà pas assez de
fragilité avant, merci, on sait bien qui a les coucougnettes dans un
couple et qui est le pilier familial même si elle gagne pas un radis...
sauf
que ces petits mecs tout fragiles là contrairement à leurs pères ne
contruisent pas de maisons et n'assument pas leurs enfants! ce sont
juste d'éternels adolescents qui pleurnichent sur leur sort et couinent
pour avoir des jouets!
pendant ce temps là, les femmes qui
déjà assumaient les choses les plus dures de la vie (parce que le
travail, le travail, on nous en rebat les oreilles, mais c'est la
partie cool, ça! qui qui met les enfants au monde, qui qui soigne les
malades, qui qui accompagne et enterre les morts? les mecs? bin nan ils
sont au taf) se retrouvent à devoir en plus, pas à la place, se
coltiner la place du mec...et tout ça pour quoi? pour gagner des ronds
que lesdits mecs, très occupés à régresser depuis x temps, vont vite
aller claquer en télés, bagnoles et autres joyeusetés!
Ce genre de féminisme là ne nous libère pas du tout.
Il nous enferme mille fois plus.
moi
je dis que si on veut vraiment libérer les femmes, il faut s'arranger
pour qu'elles aient des droits certes mais qu'elles gardent leur
différence fondamentale aussi.
On fait les gosses.
Ce sera jamais les mecs. C'est nous.
Qu'on
tienne compte de ça (parce que c'est quand même la chose la plus
importante du monde pour cette foutue espèce humaine) quand on nous
donne le droit de bosser ou autre, au lieu de dire "prenez une femme
spa grave mais non elle sera pas plus absente qu'un homme". si, elle le
sera. forcément. y'a qu'à apprendre à fonctionner avec ce critère là.
enfin, long est le débat, hein.
la
conclusion baleinesque: ces deux femmes sont victimes consentantes du
système et je les plains, elles ont raté un tas de choses à force de
bêler dans le pré. hum.
Gisèle et Claire...si vous passez par là...espérons que vous apprécierez comme nous !
03 février 2009
coton, corail, porcelaine, perle, où en êtes-vous ?
1ère décennie :
1 an : coton
2 ans : cuir
3 ans : froment
4 ans : cire
5 ans : bois
6 ans : chypre
7 ans : laine
8 ans : coquelicot
9 ans : faïence
10 ans : étain
suite :
11 ans : Noce de Corail
12 ans : Noce de Soie
13 ans : Noce de Muguet
14 ans :Noce de Plomb
15 ans : Noce de Cristal
16 ans : Noce de Saphir
17 ans : Noce de Rose
18 ans : Noce de Turquoise
19 ans : Noce de Cretonne
20 ans : Noce de Porcelaine
21 ans : Noce d'Opale
22 ans : Noce de Bronze
23 ans : Noce de Béryl
24 ans : Noce de Satin
25 ans : Noce de Argent
26 ans : Noce de Jade
27 ans : Noce de Acajou
28 ans : Noce de Nickel
29 ans : Noce de Velours
30 ans : Noce de Perle
31 ans : Noce de Basane
32 ans : Noce de Cuivre
33 ans : Noce de Porphyre
34 ans : Noce d'Ambre
35 ans : Noce de Rubis
36 ans : Noce de Mousseline
37 ans : Noce de Papier
38 ans : Noce de Mercure
39 ans : Noce de Crêpe
40 ans : Noce d'Emeraude
41 ans : Noce de Fer
42 ans : Noce de Nacre
43 ans : Noce de Flanelle
44 ans : Noce de Topaze
45 ans : Noce de Vermeil
46 ans : Noce de Lavande
47 ans : Noce de Cachemire
48 ans : Noce de Améthyste
49 ans : Noce de Cèdre
50 ans : Noce d'Or
55 ans : Noce d'Orchidée
60 ans : Noce de Diamant
65 ans : Noce de Palissandre
70 ans : Noce de Platine
75 ans : Noce d'Albâtre
80 ans : Noce de Chêne
Merci Elfederêve de nous avoir trouvé cette liste !
14 janvier 2009
Femme au foyer... destinée ou fatalité ?
Etre une femme au foyer est un état de fait ou un choix
personnel. Pour ma part, je pense qu être une FAF s'apparente plus au don de
soi pour les autres, que de se la jouer perso... Etre une FAF devrait être un statut à part entière, au même
titre que d'être décoratrice, infirmière, vendeuse, etc... on est du
lever au coucher au service des autres, des membres de sa famille, de son
entourage, de ses relations, bref on participe allègrement à la société
actuelle, on est active, si ce n'est plus encore que les femmes qui
travaillent. On galope toute la journée, à jongler entre les
emplois du temps de chacun, pour satisfaire tout le monde. Déposer les enfants
à l'école, aller faire quelques courses, passer prendre un truc essentiel
pour son mari dont il a absolument besoin, amener sa belle-mère
passer faire une radio, récupérer les enfants d'une copine, déposer la voiture
au garage pour la vidange, faire la babysitter pour les autres
mamans les jours de grèves ou de pagaille nationale, et j'en
passe. On participe aussi beaucoup à la vie associative de
son village ou de sa ville, on se tient au courant de l'actualité
locale, on fait du bénévolat pour les manifestations de sa commune, on
organise des réunions entre copines pour s'entraider, on fait plein de choses
qui fait que çà roule pour les autres. Je dirai que la femme au foyer est un pilier essentiel dans
les rouages de la société actuelle. Elle est là pour parer à toute obligation
que ne peut assumer son conjoint ou sa famille. Elle est là pour colmater les
brèches que la société ne peut satisfaire ; bref la FAF est la valeur sûre
de la famille. Et malgré cela beaucoup pensent que femme au foyer c'est
cool, et que l'on ne fait rien de ses journées. Vous avez remarqué en tant que FAF, personne ne vous demande
jamais : alors comment c'est passé ta semaine ?? sous entendu "comme tu ne
travailles pas, tu n'as rien d'intéressant à raconter... ni à apporter aux
autres d'aillleurs, car dans les discussions communes, on ne s'intéresse pas
vraiment à votre avis, forcément mère au foyer comme tête d'affiche c'est pas
vendeur, c'est même réducteur dans l'esprit des gens. Ils ne vous
prennent pas au sérieux quand vous manifestez votre opinion sur la société
actuelle. Il faudrait changer tout ça, changer la vision que les
gens ont de nous, leur démontrer que nous avons droit à la différence et au
respect, et que cette différence ne fait pas de nous des êtres amoindris parce
qu'ils ne travaillent pas. C'est donc à nous les FAFS de faire en sorte de gagner en
considération en revendiquant haut et fort notre statut de femme au
foyer.
Oups ! Pour exemple, vu à la
télé, l'animateur Arthur demande à une femme ce qu'elle fait dans la vie ; elle
répond : "- je suis femme au foyer ! " Celui-ci rétorque avec un sourire narquois : "-ah
oui ! alors vous glandez toute la journée !" Aie ça fait mal d'entendre ça !
J'ai fait un bond sur ma chaise.
Merci à Nafeuse pour ce coup de gueule ! Non mais !!!!
Vous pouvez vous aussi écrire et faire paraitre votre article. Tous les sujets nous intéresse. Envoyez vos texte à mplrcreation@yahoo.fr
Merci à toutes et à tous.
08 octobre 2008
L'enquête réalisée par femmaufoyer.net
Etre femme au foyer a toujours fait écho à de nombreuses controverses… être femmes au foyer était à une époque totalement évident mais aujourd’hui c’est devenu un phénomène dérangeant pour la plupart…intolérable pour d'autres… souvent pointées du doigts ou qualifiées de bonnes à rien les femmes au foyer revendiquent leur statut, celui de faire en sorte que la famille redevienne au centre des intérêts de chacun…
Nous avons interrogé un panel suffisamment important de femmes au foyer qui ont en moyenne deux enfants et ont entre 30 et 35.
A la question : « pourquoi êtes vous devenues fafs » ?
58 % des FAFS interrogées on répondu par choix personnel,
14 % à la suite d’un congé maternité,
16 % pour d’autres raisons et
10% par obligation.
Celles qui ont fait le choix personnel de devenir FAF émettent souvent l’idée selon laquelle financièrement travailler leur permettait juste de payer la crèche ou la nounou, d’autres insistent bien sur le fait que c’était un choix pour voir grandir leurs enfants sans en louper une miette !
Celles qui ont répondu par obligation précisent qu’elles y ont été contraintes soit parce qu’elles ne trouvaient pas d’emploi ou alors avaient un emploi trop contraignant vis-à-vis des horaires (nuits etc.) soit parce qu’elles n’avaient pas trouvé de place en crèche ou d’assistante maternelle de confiance.
Ces résultats montrent d’une part qu’en grande partie les FAFS ont choisit leur statut mais cela dénote aussi que certaines l’ont fait par obligation car les places en crèches ou les nounous ne sont pas assez nombreuses, c’est un problème récurent que l’on retrouve de plus en plus et qui ne devrait en soit ne pas exister alors que l’on encourage les français à renouveler la population ….
A la question souhaitez-vous reprendre le travail ?
35% des personnes interrogées ont répondu oui
17 % non
12 % je ne sais pas
34% ça dépendra des aléas de la vie
Les fafs qui ont répondu oui ont souvent donné ces différents points de vu :
A condition de retrouver une activité qui puissent correspondre à la vie de famille (horaires, transport courts etc.), certaines le font uniquement par soucis financiers, d’autres par épanouissement personnel et certaines car elles ont subit un divorce et qu’il leur faut reprendre le chemin du travail par obligation.
Enfin la plupart des fafs interrogées assurent leurs arrières et sont bien conscientes que les aléas de la vie pourront les amener à reprendre le travail (divorce, décès, finances trop justes etc.…) mais pour celles-ci retravailler sera donc une obligation non décidée par avance et forcée par les évènements extérieurs et inattendus de la vie.
Nous constatons, au vu des témoignages, qu’après avoir passé quelques années à être fafs les femmes se retrouvent plus exigeantes face à un éventuel employeur,
elles se refusent à avoir des heures de trajets, un travail stressant
et des horaires qui pourraient perturber la vie de famille.
Très peu d’allusions au travail à mi temps mais plutôt à un travail aménagé pour l’équilibre de la famille.
Notons que 94% des fafs ont travaillé avant d'élever leurs enfants, elles ont par là même participé pendant un temps parfois long à la croissance de notre société, de plus le niveau moyen d'étude est de bac plus deux, ce qui révèle en effet que les femmes au foyer ont œuvré pour avoir les connaissances nécessaires pour pouvoir travailler au sein de la société d'une part et d'autre part pour avoir la possibilité d'indépendance de pensée.
A la question « la dépendance financière vous pose t’elle un problème ?
55% ont répondu non et 44% oui.
Si certaines ont réussit à trouver un équilibre parfait avec leur époux d’autres ont encore du mal et se sentent dépendante de leur mari financièrement. Notre société actuelle mise tellement sur le « il faut travailler » que certaines finissent par se sentir coupable. Je ne pense pas que ce soucis de dépendance vienne du fait que leur époux le fasse ressentir mais simplement de ce que l’environnement extérieur tend à nous faire comprendre, et cela est tout à fait déplorable. Nous n'avons pas besoin de gagner de l’argent pour être reconnu par la société, d’ailleurs à ce sujet notons que 46% des femmes au foyer ont une activité à l’extérieur.
La plupart d'entre elles œuvrent pour des activités bénévoles prouvant ainsi leur désir d’avoir un regard sur la société et de continuer à participer à son bon fonctionnement prouvant ainsi leur envie de faire partie intégrante de la vie sociale.
55 % des fafs n’éprouvent pas le besoin d’avoir une activité extérieure et s’en trouvent très bien ainsi.
77% des fafs se sentent épanouie dans leur rôle de femme au foyer ce chiffre est d’ailleurs remarquablement éloquent et parle de lui-même …
Le
statut de la femme au foyer a évolué au fils des années, il s'étoffe
davantage et leur permet une certaine indépendance d'esprit, une
possibilité de ne pas se sentir en dehors de la société.
En revanche 99% des femmes interrogées estiment que le statut de la faf n’est pas suffisamment reconnu, 85% d’entre elles seraient favorables à un salaire de la faf et 98% à l’obtention de points retraite …
La femme au foyer apparait plus de nos jours comme un chef d'entreprise dirigent de main de maitre une famille tout entière, faisant preuve de l'autorité nécessaire envers ses enfants, gérant parfaitement l'organisation d'une maison tout entière, planifiant toutes les activités , gérant les dépenses du foyer.
Il nous paraissait nécessaire de pouvoir un jour évoquer cette aspect de leur rôle et stopper l'idée tant répandue selon laquelle la femme au foyer est oisive et fainéante ... il faut beaucoup de courage pour élever ses enfants et être là à chaque instant pour eux afin d'en faire des adultes responsables armés pour leur vie future.
Force est donc de constater que le statut de la femme au foyer mérite que l'on s'intéresse à lui.
Il est aisé d'imaginer une société ou tout le monde travaille mais il est plus difficile d'imaginer une société ou les femmes au foyer n'existeraient pas.
En effet il y a près de 3 millions de femmes au foyer en France, si elles travaillaient toutes où en serait notre taux de chômage actuel ? Si elles travaillaient toutes nous n'aurions certainement pas un taux de natalité aussi important et donc par extension nous n'aurions pas autant de relève pour assurer la génération future.
Nous pensons
que fort de ce constat il serait judicieux un jour de se pencher sur
cette richesse restée si longtemps dans l'ombre, cette richesse qui
fait que ces nombreuses femmes qui travaillent dans l'ombre pour LA
FAMILLE et pour sauvegarder cet esprit familial tellement riche et
important aux yeux d'une société grandissante qui doit mettre en avant
les tentatives de sauvegarde d'un noyau familial sécurisant face à ce
constat d'éclatement des familles .
Ne doit-t-on pas valoriser cet
esprit de solidarité familial si important pour les générations à venir
?
Ne doit-t-on pas permettre à ces femmes qui ont toutes offert leur
savoir faire à la société avant de choisir d'élever leurs enfants
d'avoir la possibilité d'être reconnues aux yeux de tous ?
Cette communauté de femmes a rempli son devoir de mère, d'épouse et d'éducatrice, elles font grandir leur enfants dans le respects des règles si souvent déficientes, œuvrent pour en faire des adultes épanouis prêt à prendre la relève dans la société, elles ont rempli leurs devoirs envers la société et attendent que la société ait en retour un devoir de reconnaissance envers elle .
Elles ont fait le choix d'élever leurs enfants dans le respect de l'autre et dans l'idée selon laquelle ils ne devront pas sans cesse revendiquer leurs droits mais plutôt savoir et reconnaitre ou sont leurs devoirs envers les autres et la société.
Elever ses enfants n'est pas de l'oisiveté, être le pilier de la famille nécessite d'être chaque jour opérationnelle, disponible et efficace.
Merci à Cajoline d'avoir mené et décortiqué toutes les infos collectées sur plusieurs mois.
12 mai 2008
Multi fonctions
Il y a 3 ans, j'ai découvert un truc incroyable : les courses sur Internet.
Finies les expéditions punitives au supermarché et les queues interminables, finis les bras surchargés de sacs plastiques où s'entrechoquent jus de fruits, oeufs, légumes avachis et viandes avariées en promo. Quelques clics suffisent maintenant à remplir mon frigo sans que je prenne la peine de lever mon derrière. Quelle somptueuse découverte...
Mais depuis que je suis maman, je suis devenue ultra-vigilante sur ma liste de courses : rien ne doit manquer à mon panier si je veux éviter la galère des courses avec Nain. Oui, parce que faire les courses avec un
enfant, c'est un véritable parcours acrobatique. C'est ahurissant, il suffit que les 2 roues avant de la poussette passent les portes automatiques du supermarché pour que Nain soit subitement pris d'une crise de spasmes en poussant des hurlements digne d'un abattoir à cochons. Le temps semble s'arrêter et les autres client me fixent avec insistance. Message reçu. Je n'ai pas d'autre choix que de le libérer le fauve à la merci des rayons si joliment arrangés. C'est parti : avec Nain qui se tape des sprints dans les allées, je me retrouve donc aggripée à la poussette, le panier en équilibre sur la capote, la jambe gauche tendue pour stopper le petit athlète complètement dopé et la main droite cherchant aveuglément les provisions.
Mais cela n'a rien d'insurmontable, car voyez-vous, au fil des mois, j'ai subi un entraînement de choc : devenir maman, c'est utiliser simultanément toutes les parties de son corps avec un rendement optimal.
Je peux ainsi faire la cuisine tout en donnant le goûter à Nain, ranger ses jouets tout en
lançant des lessives par kilos et lui donner son dîner tout en rangeant la paperasse : virtuellement, j'ai l'impression d'avoir 4 bras pour 1 unique cerveau (lui par contre, c'est utilisation minimale pour un rendement 0).
Le but inavoué de cette sur-activité n'est pas de prouver au monde entier que les journées d'une mère au foyer sont remplies (c'est impossible), mais de me débarrasser au plus vite de toutes ces taches ingrates pour au final poser mon gros derrière sur le sofa et ne plus rien faire DU TOUT. C'est beau la multi-fonctionnalité....
J'ai constaté cependant que dès que Mari franchit le pas de la maison, il est incapable de faire plus d'une chose à la fois. C'est incompréhensible. Au bureau, il peut gérer simultanément 3 conversations téléphoniques tout en me harcelant par skype pour savoir ce que je fabrique de mes journées. Mais à la maison, chacune de ses actions nécessite un temps T bien défini et opaque :
Zaza : "Tu peux vider le lave-vaisselle?"
Mari: "Je ne peux pas, je me lave les mains"
Zaza : "Tu peux l'aider à ranger ses jouets?"
Mari : "Je ne peux pas, je dois lui choisir un livre pour lui raconter une histoire"
Zaza : "Tu peux lui changer sa couche?"
Mari : "Je ne peux pas, il faut que j'aille aux toilettes"
Bien entendu, à ces mots, comme mes (4) mains sont déjà trop occupées pour lui envoyer le soufflet qui s'impose, j'ai bien envie d'utiliser ma jambe droite pour lui donner un gros coup de pied au derrière...
Article rédigé par Zaza in London.
23 avril 2008
Oser être Mère au Foyer
Famille Chrétienne du 15/09/2001 - n°1235
En France, 2,5 millions de femmes ont choisi de rester chez elles pour s'occuper de leur famille. Une décision souvent difficile à prendre, surtout quand il faut quitter un métier intéressant pour se retrouver classée dans la catégorie des «inactives»... C'est le choix qu'a fait Marie-Pascale Delplancq-Nobécourt, une ancienne journaliste. Son expérience lui a inspiré un livre : Oser être mère au foyer (1).
Cécile Maître
Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à devenir mère au foyer ?
En fait, cela s'est fait progressivement. Après la naissance de mon premier enfant, j'ai repris mon travail de journaliste à temps partiel. Au bout d'un an, mon patron m'a fait comprendre : travail à temps plein ou licenciement... S'ajoutait un problème de garde d'enfant. Je suis donc restée chez moi, tout en faisant des piges.
Puis, j'ai eu deux autres enfants. Mon mari avait déjà deux enfants, nous étions donc sept à la maison. De moins en moins disponible, j'ai donc arrêté de travailler complètement, pensant bien recommencer un jour. Mais les années passant, la réinsertion devient de plus en plus problématique.
D'autre part, je me suis rendu compte que les enfants ont besoin de présence à tout âge, autant à l'adolescence que dans la petite enfance, et qu'il est important d'être là quand ils rentrent de l'école.
Pour mon mari et moi, la famille a toujours été une priorité. Notre choix est une réponse personnelle qui n'a rien d'exemplaire, certains parents arrivent à concilier vie professionnelle et vie familiale. Nous, nous avons organisé notre vie autrement.
Vous dites que l'objectif de ce livre est d'«offrir un autre regard sur ces mères au foyer d'aujourd'hui».
Pour écrire ce livre, j'ai rencontré beaucoup de femmes, spécialement des journalistes, qui étaient contentes que je soulève ce problème. Entre autres choses, j'ai voulu montrer que rester chez soi ne veut pas dire se cantonner à des tâches ménagères peu exaltantes.
«Endormissement», «mutilation», voilà ce que j'ai pu lire à ce sujet. Quand les enfants sont tout petits, on a peu de possibilités de sortir, et c'est parfois dur pour la jeune maman, qui se trouve isolée. Mais quand ils sont scolarisés, les femmes disposent de plus de temps et de possibilités : associations de parents d'élèves, bénévolat, cours d'art, de langues... Ce qui ne les empêche pas d'être à la maison quand les enfants rentrent.
Et leur disponibilité ne se limite pas à leur seule famille : elles sont sollicitées pour les sorties scolaires, les conduites... et pour récupérer les autres enfants.
Vous citez le témoignage de huit femmes qui ont un peu le même profil que vous : elles étaient diplômées, avaient un métier intéressant, et ont choisi de rester chez elles pour s'occuper de leurs enfants. C'est aussi parce qu'elles ont eu la possibilité financière de le faire...
C'est vrai, il faut pouvoir vivre avec un seul salaire. J'ai reçu des témoignages de personnes qui font ce choix, même si cela représente de gros sacrifices financiers. Certaines ont du mal à accepter de ne pas gagner d'argent, d'autant plus que dans notre société, nous sommes considérées comme sous-productives et de moindres consommatrices.
En revanche, on ne constate pas chez ces femmes qui acceptent ce sacrifice financier d'»asservissement» à leur mari «pourvoyeur de fonds», mais plutôt la volonté d'une nouvelle répartition des tâches, décidée d'un commun accord.
Si pour ces femmes et pour vous le bilan est positif, ne ressentez-vous pas quand même quelques frustrations ?
Bien sûr, un métier intéressant est source de gratifications. Chez soi, on a peu de distractions, d'occasions de penser à autre chose, d'oublier ses soucis.
L'une de ces femmes m'a dit : «De toutes ces années passées à la maison, il ne reste aucune trace, rien que les enfants qui grandissent». C'est vrai, mais des enfants qui grandissent bien dans leur peau, c'est un «retour sur investissement» pour la famille et pour la société !
Encore une fois, rester chez soi ne veut pas dire se limiter aux tâches domestiques, qu'il faut de toute façon bien assumer, que l'on exerce un métier ou pas ! Et ce n'est pas en répétant qu'elles sont ingrates que l'on encouragera les hommes à s'y mettre !
«Femme au foyer», c'est une notion récente.
Elle date du XIXe siècle, avec l'ère industrielle, où les femmes commencent à travailler à l'extérieur, à l'usine, ou comme domestiques, tandis que dans les familles aisées la femme restait à la maison. Pendant l'entre-deux guerres, on a exalté l'image de la femme mère et épouse. Image contestée par Simone de Beauvoir en 1949, qui y voit plutôt «un parasite».
Dans les années 1960-1970, avec la société de consommation, la diminution de la natalité, la femme revendique le droit d'avoir «une vie à soi». Actuellement, on assiste à un nouvel attrait pour la famille. Ce qui inquiète Elisabeth Badinter, qui voit là un retour à «la mystique féminine et maternelle»... La question de fond restant : «Peut-on conjuguer liberté et maternité ?»
De toute façon, être parent, c'est renoncer à une part de liberté, et si par liberté on veut dire indépendance, personne n'est entièrement libre.
On parle beaucoup des droits de la femme, mais peu de ceux de l'enfant.
C'est un paradoxe de notre époque. Les journaux sont remplis d'articles pour les femmes enceintes, on leur explique comment communiquer avec le bébé qu'elles portent en le berçant et en leur parlant... et quand ce bébé aura 3 mois, il sera mis à la crèche ou en nourrice ! Puis ce sera l'école dès 2 ans, 2 ans et demi, le but étant de leur apprendre l'autonomie, un mot à la mode, synonyme de solitude dans ce cas !
A partir de 11 ans, plus tôt parfois, les enfants rentrent de classe dans une maison vide et doivent gérer leur travail. Ceux qui sont consciencieux y arrivent, mais les autres se retrouvent devant la télé, les jeux électroniques, ou traînent dehors. Les plus influençables risquent de déraper vers des comportements de «sauvageons».
J'en ai discuté avec des professeurs. Tous reconnaissent que les enfants sont de plus en plus violents. Même en maternelle. Y aurait-il un rapport avec le fait qu'ils sont sociabilisés de plus en plus tôt ? C'est une question que se posent des psychologues, et que l'on devrait étudier sérieusement.
D'autre part, comment exiger que des parents surveillent leurs enfants, alors qu'ils sont tous deux contraints de travailler à l'extérieur ?
Ce sont les parents de demain que nous préparons maintenant, dites-vous dans votre conclusion.
Oui, nos filles font des études - vont-elles se retrouver dans le même piège que leur mères ? Comment apprendre à nos fils à se préparer à assumer leurs responsabilités familiales, quand ils voient leur père si peu présent ?
Pour une vie familiale plus équilibrée, on aurait besoin de journées et de semaines moins chargées... et de parents moins stressés et plus disponibles. L'éducation des enfants étant un enjeu majeur de la société de demain, c'est aujourd'hui que nous devons trouver une solution.
(1) Oser être mère au foyer, par Marie-Pascale Delplancq-Nobécourt, Albin Michel, 190 p à partir de 5.50 euros






