22 mai 2008
Savoir comprendre les femmes

12 mai 2008
Multi fonctions
Il y a 3 ans, j'ai découvert un truc incroyable : les courses sur Internet.
Finies les expéditions punitives au supermarché et les queues interminables, finis les bras surchargés de sacs plastiques où s'entrechoquent jus de fruits, oeufs, légumes avachis et viandes avariées en promo. Quelques clics suffisent maintenant à remplir mon frigo sans que je prenne la peine de lever mon derrière. Quelle somptueuse découverte...
Mais depuis que je suis maman, je suis devenue ultra-vigilante sur ma liste de courses : rien ne doit manquer à mon panier si je veux éviter la galère des courses avec Nain. Oui, parce que faire les courses avec un
enfant, c'est un véritable parcours acrobatique. C'est ahurissant, il suffit que les 2 roues avant de la poussette passent les portes automatiques du supermarché pour que Nain soit subitement pris d'une crise de spasmes en poussant des hurlements digne d'un abattoir à cochons. Le temps semble s'arrêter et les autres client me fixent avec insistance. Message reçu. Je n'ai pas d'autre choix que de le libérer le fauve à la merci des rayons si joliment arrangés. C'est parti : avec Nain qui se tape des sprints dans les allées, je me retrouve donc aggripée à la poussette, le panier en équilibre sur la capote, la jambe gauche tendue pour stopper le petit athlète complètement dopé et la main droite cherchant aveuglément les provisions.
Mais cela n'a rien d'insurmontable, car voyez-vous, au fil des mois, j'ai subi un entraînement de choc : devenir maman, c'est utiliser simultanément toutes les parties de son corps avec un rendement optimal.
Je peux ainsi faire la cuisine tout en donnant le goûter à Nain, ranger ses jouets tout en
lançant des lessives par kilos et lui donner son dîner tout en rangeant la paperasse : virtuellement, j'ai l'impression d'avoir 4 bras pour 1 unique cerveau (lui par contre, c'est utilisation minimale pour un rendement 0).
Le but inavoué de cette sur-activité n'est pas de prouver au monde entier que les journées d'une mère au foyer sont remplies (c'est impossible), mais de me débarrasser au plus vite de toutes ces taches ingrates pour au final poser mon gros derrière sur le sofa et ne plus rien faire DU TOUT. C'est beau la multi-fonctionnalité....
J'ai constaté cependant que dès que Mari franchit le pas de la maison, il est incapable de faire plus d'une chose à la fois. C'est incompréhensible. Au bureau, il peut gérer simultanément 3 conversations téléphoniques tout en me harcelant par skype pour savoir ce que je fabrique de mes journées. Mais à la maison, chacune de ses actions nécessite un temps T bien défini et opaque :
Zaza : "Tu peux vider le lave-vaisselle?"
Mari: "Je ne peux pas, je me lave les mains"
Zaza : "Tu peux l'aider à ranger ses jouets?"
Mari : "Je ne peux pas, je dois lui choisir un livre pour lui raconter une histoire"
Zaza : "Tu peux lui changer sa couche?"
Mari : "Je ne peux pas, il faut que j'aille aux toilettes"
Bien entendu, à ces mots, comme mes (4) mains sont déjà trop occupées pour lui envoyer le soufflet qui s'impose, j'ai bien envie d'utiliser ma jambe droite pour lui donner un gros coup de pied au derrière...
Article rédigé par Zaza in London.
10 avril 2008
A notre ami regretté
Chèr(e) Ami(e), Aujourd'hui, c'est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès d'un ami très cher : Bon Sens.
Bon Sens vécut heureux parmi nous durant de très nombreuses années.
Personne ne connaîssait précisément son âge, car le registre de sa naissance a été déclassé, il y a bien longtemps, du fait de sa trop grande ancienneté.
Mais nous nous souvenons bien de lui, notamment pour ses remarquables leçons de vie, comme "Le monde appartient à celui qui se lève tôt" , "Il ne faut pas tout attendre des autres" ou encore "Ce qui m'arrive est peut-être aussi de MA faute".
Bon Sens avait une hygiène de vie exemplaire. Elle se résumerait en quelques règles de base :
"Ne pas dépenser plus que ce que l'on a"
"Ce sont les parents, et non les enfants, qui commandent"
Hélas, Bon Sens a commencé à perdre pied quand des parents ont attaqué des professeurs d'école. Ceux-ci croyaient avoir fait leur travail en voulant apprendre aux enfants le respect et les bonnes manières. Ayant appris qu'un enseignant avait même été renvoyé pour avoir réprimandé un élève trop excité, la santé de Bon Sens commença à se détériorer.
Son état empira quand les écoles furent contraintes de demander une autorisation parentale pour permettre aux infirmières scolaires de poser un pansement sur les petits bobos. A l'inverse, l'école ne pouvait plus informer les parents des autres dangers bien plus graves encourus par leur enfant.
Bon Sens perdit confiance en lui quand il constata que des criminels recevaient un meilleur traitement que leurs victimes. Il prit encore des coups, tant au moral qu'au physique, quand la justice décida qu'il était répréhensible de se défendre contre un voleur dans sa propre maison, tandis que le voleur pouvait, lui, dans ce cas, porter plainte pour agression et atteinte à sa propre intégrité physique.
Bon Sens perdit définitivement tout goût de vivre quand il apprit qu'une femme, qui avait maladroitement renversé quelques gouttes de café brûlant sur elle, perçut une indemnisation financière colossale après avoir déposé plainte contre le fabricant de la cafetière.
Et, comme vous le savez, la mort de Bon Sens fut précédée de la mort de ses parents (Vérité et Confiance), de celle de son épouse Discrétion, ainsi que de sa fille Responsabilité, et enfin de son fils Raison .
Il laisse ainsi toute la place à ses trois faux-frères :
"Je connais mes droits"
"C'est la faute de l'Autre"
"Je suis une victime de la société"
Certes, il n'y avait pas foule à l'enterrement de Bon Sens... Rares sont les personnes qui le connaissaient vraiment, sa disparition est passée presque inaperçue.
Si vous aussi vous le pleurez, signalez son départ autour de vous, qui sait, peut être reviendra-t-il un jour parmi nous ?
Auteur inconnu....
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