Ponyo sur la falaise est un rendez-vous immanquable pour qui aime à la fois le cinéma et le dessin manga. Et ce, à plus d'un titre. Plus qu'un dessin animé ultra-traditionnel dans sa réalisation, il s'agit d'un véritable long-métrage, dense, émouvant, drôle, surprenant, effrayant, poétique, lyrique même, compréhensible et appréciable par tous de sept à plus de 77 ans ; pour peu qu'une part d'enfance subsiste en soi, il est presque impossible de ne pas aimer Ponyo sur la falaise. L'enfance est le lien entre nous, spectateurs, et le réalisateur Hayao Miyazaki, qui nous livre une version originale au possible du conte d'Andersen, La Petite Sirène. L'histoire est toutefois si différente que je ne ferai aucune comparaison entre les deux.
Ne succombant pas aux sirènes de la facilité (jeu de mot involontaire, « désolé »), le mangaka japonais peint rêves ou cauchemars entièrement à la main, assisté d'une équipe surdouée.

Susoke est un petit garçon vivant avec sa mère dans une villa au sommet d'une falaise, située au bord de la mer, dans laquelle ne se plaît guère une princesse « préservée » jalousement par son sorcier de père. Décidant de s'émanciper, la fillette-poisson manque de mourir dans son évasion au milieu d'immondices souillant l'eau ; elle se coince dans un petit bocal. C'est alors qu'intervient Susoke, qui la libère et décide de veiller sur elle. Il la baptise « Ponyo ». Le poison rouge à tête humaine est gourmand et préfère par-dessus tout autre chose dévorer le jambon du sandwich du garçon !
Malheureusement, le père de Ponyo, ancien humain dégoûté par l'irrespect des hommes envers l'environnement, veut la ramener coûte que coûte parmi les siens : elle pourrait mettre à mal l'équilibre des éléments, avec son désir de vivre sur terre ! Aucun méchant n'existe donc dans cette fable.
Musique classique (Wagner), habituel déluge imaginatif...Miyazaki nous berce par ce conte fortement teinté d'écologie.

Plus enfantin que la précédente œuvre de l'auteur, Le Château ambulant, moins long, ce dessin-animé est parfois un peu ennuyeux (cela n'engage que moi !), peut-être à cause d'un manque de rythme de l'histoire.
Une chose m'a étonnée : le garçon appelle sa mère par son prénom ! C'est un peu déroutant.

Je conseille en tout cas vivement un voyage dans l'univers des films des studios Ghibli :

*Le Château dans le ciel (1986)
*Mon voisin Totoro (1988)
*Kiki, la petite sorcière (1989)
*Porco rosso (1992)
*Princesse Mononoke (1997)
*Le voyage de Chihiro (2001)
et le Château ambulant (2004)
Si vous le pouvez,  il vaut mieux voir Ponyo sur la falaise au cinéma, ça vaut le coup !

Gabrielle Causse, le 15/04/2009

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